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Un minaret, un seul suffit ...

Entretien avec Hassan Aourid, le plus célèbre des Berbères du Palais, imaginé par Insi

jeudi 25 février 2010, par Tilelli

Insi : Azul

Aourid : Alaykoum Assalam ! Tu ne parles pas arabe ?


Insi : (murmurant) Mais, qu’est ce que je fais ici moi !

Aourid : Hein !


Insi : Rien. Excusez-moi ! Je me suis dis "mais qu’est ce que je fais ici" !

Aourid : Figure toi que c’est la même question philosophique que je me suis posée alors que j’étais wali de Meknès, mais ma formulation était un peu plus brute et plus audacieuse. C’était en effet : "Mais qu’est ce que je fou dans ce merdier dans lequel le roi m’a planté !"


Insi : Un merdier ?

Aourid : Ah oui. En plus je ne pouvais pas refuser. Entre nous, j’ai senti ça comme une disgrâce, une punition divine. Être nommé à la tête de Meknès-Tafilalt, la plus pauvre des régions du pays est une punition.


Insi : Et c’est là, aussi, qu’il y a le plus de contestation et de mobilisation en faveur de tamazight….

Aourid : Ces Berbères, je les ni… tous !


Insi : Vous savez que des militants amazighs sont détenus dans l’une des prisons de Meknès, à une dizaine de minutes de vos bureaux ?

Aourid : Je m’en fous. En plus, ce ne sont que des voyous. Des criminels de droit commun. Des assassins.


Insi : Vous êtes mal informés peut être !

Aourid : J’ai mes sources ! Elles sont fiables !


Insi : D’accord. Et vous faisiez quoi à Meknès ?

Aourid :J’appliquais scrupuleusement, figure toi, les directives royales. Note-le s’il te plait. J’aimerai que ça figure dans ton interview.


Insi : Quelles directives ?

Aourid : Sa Majesté nous avait dit : "Enrichissez-vous !"


Insi : Alors ?
Aourid : Je fais des affaires, je m’enrichis ! Une fois engraissé, je change de fonction.


Insi : Ah, c’est pour cela que vous venez alors d’être nommé "historiographe du royaume", si je ne me trompes ?

Aourid : Oui ! Tu es jaloux ?


Insi : Non ! J’ai toujours détesté l’histoire. C’est quoi votre mission ?

Aourid : Je tenterai de prouver que les Berbères ne sont autres que des immigrés éthiopiens qu’il faut renvoyer chez eux.


Insi : Ils ne sont plus yéménites ?

Aourid : Pas du tout. En fait, les Arabes yéménites les avaient amenés dans leurs bagages en passant par Éthiopie lors de leur odyssée.


Insi : Ah bon ?

Aourid : Et oui petit. Tu crois tout savoir simplement par ce que tu vis à Paris ? Tu as déjà vu des Berbères toi ?


Insi : Non !

Aourid : C’est un peuple amoureux des mosquées et des écoles coraniques. D’ailleurs Sa Majesté en plante là où il va. Même à Anefgou !


Insi : Avec ou sans minarets ?

Aourid : Peu importe, par ce que les Berbères ont déjà des minarets plantés dans le c… depuis des siècles.


Insi : Et comment faire pour les réveiller ?

Aourid  : Faut d’abord les débarrasser des minarets. Vaut mieux toutefois les laisser tranquille. Ils adorent être bercés. Ça les rassure ici et dans l’au delà ! On continuera alors à les bercer jusqu’à leur disparition.


Insi : Dispariti… ?

Aourid : Mieux, on finira par les mettre dans des réserves et inviter les touristes pour les voir. Tu as vu comment on a transformé Imilchil ? Les hommes d’affaires de Fès gagneront de la devise en montrant les culs des Berbères aux touristes.


Insi : Des réserves comme l’IRCAM ?

Aourid : Pire ! L’IRCAM n’est qu’un laboratoire. Un cimetière doré des Berbères de service qui ont accepté d’être traités comme des cobayes et d’être sacrifiés pour le bonheur de Sa Majesté !


Insi : Moi, je n’aimerai pas finir dans une réserve.

Aourid : Alors, rejoins-nous Insi. Il suffit de te repentir et de te convertir à l’islam. Le reste suivra.


Insi : Comment devient-on musulman ?

Aourid : Un minaret, un seul ! Ça ne fait pas mal !


Insi : Hein ! Un minaret !

Insi a pris ses jambes à son cou, Aourid et ses mokhaznis le suivent, chacun tenant un minaret dans la main droite et un coran dans l’autre.

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