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Ménaka : 1ère ville sous le contrôle du MNLA

Toumast Presse, le 17 janvier 2012.

jeudi 19 janvier 2012, par Tilelli

Tôt ce matin, l’Etat-major du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) a répondu aux intimidations de l’armée malienne en attaquant la ville stratégique de Ménaka, dans le Nord-Est du pays. Cette attaque, la première menée par une unité Militaire du MNLA, a déjà fait des victimes. Nos sources affirment que la ville est sous le contrôle du MNLA, qui a dans sa ligne de mire les villes d’Adaramboukare, Tessalit, et Tombouctou.

Ce matin, vers 05h00 GMT, une unité mobile du MNLA sous les ordres de l’officier Baye Ag Abilel a attaqué la ville de Ménaka dans le nord du Mali. Le 28 Juin 1990, Ménaka était déjà la ville dans laquelle avait commencé la rébellion des années 1990 qui trouvera son épilogue lors de la flamme de la paix à Tombouctou le 27 mars 1996. Contrairement à l’attaque menée alors par Iyad Ag Ghaly pour le compte du MPLA (Mouvement Patriotique de Libération de l’Azawad) qui ne disposait que de deux vieilles carabines, celle menée par Baye Ag Abilel, a eu lieu dans une configuration où chacune des parties dispose d’armes lourdes.

Nos sources sur place nous apprennent que le MNLA contrôle complètement la ville de Ménaka à l’exception du camp militaire et que le drapeau Azawadien Drapeau du MNLA

Drapeau du MNLA y flotte dans les 4 points cardinaux. La résistance des forces maliennes a fait plusieurs victimes de part et d’autres. Face à la déroute de son armée, le Mali a envoyé ses avions de combats à Ménaka. Résultat : deux voitures du MNLA calcinées, et deux avions de guerre de l’armée Malienne abattus. Les seules communications possibles se font par téléphones satellitaires, les autorités maliennes ayant coupé le réseau téléphonique Orange-Mali.

Après cette attaque éclaire du MNLA sur la ville de Ménaka, une partie des unités mobiles se dirige vers d’autres villes de l’Azawad. Des combats sont en cours dans une autre localité stratégique : Adaramboukare (Andéramboukane). Il y a presqu’un siècle, en 1916, à l’aube de la colonisation Française dans l’Adagh (region de Kidal), cette même ville était le siège de combats meurtriers entre les combattants Tamasheq conduits par l’Amenokal (Chef) Fihroun Ag Alenessate et l’Armée Française qui voulait pacifier l’Azawad.

Après la prise de Ménaka, celle d’Adaramboukare fut déterminée comme la deuxième ville à attaquer. Au moment où nous écrivons cet article, des sources sur place nous informent que des combats s’y déroulent toujours. D’autres sources nous apprennent qu’une partie de la jeunesse locale contrôle les tronçons routiers : Ménaka-Ansongo et Ménaka-Adaramboukare.

La stratégie militaire du MNLA ne se limite pas à ses deux villes. Tessalit, proche de la frontière Algérienne est presque totalement encerclée par les forces du MNLA. Une autre partie de ses forces se dirigent vers Tombouctou dans le Nord-Ouest, proche de la frontière mauritanienne. Des sources proches du MNLA nous ont affirmées que ces attaques sont le début d’un processus qui conduira au contrôle par ses forces armées des villes de l’Azawad.

Cette attaque est révélatrice de l’organisation interne du MNLA. Selon nos sources, l’Etat-Major militaire était prêt depuis plus de trois mois pour entamer les hostilités face à l’armée malienne qui renforçait ses positions, et son armement dans l’Azawad pour parer à la menace "MNLA" alors que cette même armée malienne a été qualifiée pendant des années par l’Algérie, les Etats-Unis, la France, la Mauritanie, et le Niger entre autres de « maillon faible » dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Afin de mieux coordonner la coopération entre le front militaire et l’aile politique, la réponse aux manœuvres du Mali par le MNLA a dû attendre plusieurs mois. L’organisation déjà renforcé par les adhésions récentes de l’ancien Ministre Malien Hama Ag Mahmoud et de l’écrivain Moussa Ag Assarid et un nombre important de personnalités, parmi lesquelles, des officiers supérieurs de l’Armée Malienne, des Chefs de tribus et autres leaders d’opinion, montre par cette maturité qu’elle souhaite menée la rébellion la mieux organisée que l’Azawad ait connu depuis 1963.

Selon le MNLA, le Mali porte la responsabilité des douloureux évènements que sont les affrontements meurtriers entre frères Maliens et Azawadiens. Hama Frontière entre le Mali et l’Azawad selon le MNLA

Frontière entre le Mali et l’Azawad selon le MNLA Ag Sid’Ahmed, le Porte-Parole, Chargé des Relations Extérieures du MNLA, affirme dans une déclaration qui vient de paraitre que « Bamako a créé une fois de plus toutes les conditions pour une reprise des hostilités militaires. Pour se protéger et réoccuper progressivement l’espace de l’Azawad et aussi, pour répondre à la provocation de Bamako, les hommes de l’Etat-Major du Mouvement national de Libération de l’Azawad ont choisi d’engager leur vie. C’est dans ce contexte qu’ont démarré ce matin les actions militaires enregistrées en territoire de l’Azawad, à Ménaka ».

Toujours selon Hama Ag Sid’Ahmed, la date du 17 Janvier 2012 constitue un point de non-retour, « Ces actions militaires sont aussi un appel à la communauté internationale : tant qu’elle ne s’impliquera pas effectivement pour une résolution durable de ce conflit qui n’a que trop duré, les mêmes causes produiront les mêmes effets ». Le principe de causalité qui fait que les mêmes causes dans les mêmes conditions produiront les mêmes conséquences, est un principe que le Mali ne semble pas avoir compris depuis l’éclatement de la première rébellion au Mali en 1963.

Ikhlou Ag Azzezen

- Lire sur le site de Toumast Press

- Site du MNLA

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