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La Situation politique et sécuritaire au Nord

Bahanga frappé par la main de Dieu « La nuit du destin » ( Leylatulqadr) : Le véhicule du terroriste aurait sauté sur une mine posée par lui-même à Tin Zawatten

L’Indépendant, 29/08/2011

lundi 29 août 2011, par Tilelli

La nouvelle a été donnée par une source officielle malienne puis confirmée par la presse internationale : Ibrahima Ag Bahanga, le plus radical des bandits armés qui ont endeuillé le Nord-Mali, ces dernières années, a trouvé la mort dans les massifs de l’Adrar des Ifoghas, précisément dans le Tamesna, sa région natale. Des sources indiquent qu’il s’est tué en sautant sur une mine antipersonnel dans la nuit du vendredi 26 août au samedi 27 août correspondant à la "Nuit du Destin" (Leylatul Qadr). Autant dire que le terroriste a été frappé par la main de Dieu.

Cette nouvelle a été accueillie par le commun des Maliens par un ouf de soulagement tant le sinistre personnage s’était illustré par une série de crimes plus odieux les uns que les autres. Il n’est qu’à se rappeler, à titre d’exemple, les carnages qu’il a commis lors des attaques d’Abéïbara et de Nampala, les enlèvements de civils et de militaires et les mines qu’il a posées à Tinzawaten. Combien de familles a-t-il endeuillées ? Des centaines sans doute.

Des hommes des femmes et même des enfants ont été mutilés à vie par les mines qu’il a eu à poser. Il n’en a jamais eu cure. Au contraire, il narguait littéralement la République. De là à voir une complicité passive des plus hautes autorités, il n’y avait qu’un pas que certains, y compris dans les milieux militaires, ont allègrement franchi en son temps. Des autorités qui, au nom d’une certaine gestion politique du dossier du nord, donnaient carte blanche au bandit ou, tout au moins, lui assurait une certaine impunité. Cela a commencé avec Alpha Oumar Konaré et ATT n’a fait que continuer. Il est arrivé même un moment où, à cause des morts et des blessés de Bahanga, la cote d’ATT était au plus bas dans l’opinion nationale.

Si le très tristement célèbre Ibrahim Ag Bahanga a commencé son action sous le manteau de la rébellion, très vite, il commencera à flirter avec les activistes du GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat) un groupe qui, après son allégeance à Al Qaïda, prendra la dénomination Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Faisant feu de tout bois, Bahanga intégrera par la suite, sans état d’âme, la nébuleuse du trafic en tous genres : drogue, armes, cigarettes…Devenant ainsi un bandit sans foi ni loi. A cause de sa vénalité et le mercantilisme qui en découle, il finira par être excommunié par ses frères de l’Alliance de 23 Mai 2006. Entretemps ceux-ci rentreront dans les rangs en abandonnant les montagnes de Tinzawaten.

Il a été confirmé qu’Ibrahim Ag Bahanga avait repris les chemins du maquis contre la volonté de sa famille qui ne demandait qu’à vivre en paix. Ses amis des grottes de Tin Zawaten l’avaient surnommé le " berger " allusion au fait qu’il possédait des centaines de têtes d’ovins-caprins dans son village de Chibro. C’est cette douce et bucolique vie de riche éleveur qu’il a choisi d’abandonner au profit de celle plus lucrative de trafiquant et preneur d’otages, mais hautement plus dangereuse. La preuve c’est qu’il est parvenu à se faire beaucoup d’ennemis.

Une kyrielle de légendes ont couru sur lui le donnant tantôt mort, tantôt blessé, tantôt réfugié en Libye. La vérité est que le tristement célèbre bandit de grand chemin s’était retiré dans le pays de Kadhafi qu’il connait très bien pour y avoir subi une instruction militaire à l’instar de nombre de ses frères Touareg dans les camps créés pour les besoins de la cause. Le " Frère Guide " ne se considère-t-il pas à moitié Touareg à cause de sa mère ?

Ibrahima Ag Bahanga se replie alors vers la Libye. Il revient discrètement au Mali, avant de retourner en Libye en plein conflit. Sur place, comme d’autres chefs de groupes armés, il aurait fait d’importantes provisions en armements et en munitions, avant de regagner son milieu naturel, le désert malien, où il a trouvé la mort.

Dans cette mort, dont les circonstances sont loin d’être élucidées, on serait même tenté de voir la main de Dieu, une espèce de retour de la manivelle. En somme, Bahanga, le bandit à la main tachée de sang, qui paie pour ses nombreux crimes. Et pour l’empêcher, pourquoi pas, d’en commettre de nouveaux. Car avec l’armada qu’il a pu récolter en Libye à la faveur des évènements ayant abouti à la chute du Colonel Kadhafi, il devenait nettement plus dangereux. Qu’il recommence à s’illustrer de façon plus sanguinaire, plus aguerri qu’il est, n’était plus qu’une affaire de semaines, voire de jours. Et les perspectives d’une déstabilisation durable et à grande échelle du septentrion du Mali et, partant, de tout le pays avec, étaient loin d’être une simple vue de l’esprit. D’autant que parmi l’armada venue de la Libye, il se trouve des armes très sophistiquées.

Il faut être réaliste : la mort d’Ibrahima Ag Bahanga ne veut pas, cependant, dire que tout danger est écarté. Les armes continuent de circuler dans le Nord-Mali. La vigilance et la proactivité doivent être de rigueur. Comme nous l’écrivions, il y a quelques mois, la crise libyenne aura inéluctablement des effets collatéraux pour notre pays. Nos autorités compétentes seraient bien inspirées d’anticiper sur les problèmes en renforçant les unités militaires du Nord-Mali. Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ? Des conseils formulés au début de la crise libyenne qui sont aujourd’hui, malheureusement, d’une brûlante actualité.

Yaya SIDIBE



La mort de Bahanga accueillie avec joie dans les garnisons militaires

Annoncée très tôt le vendredi dernier, la nouvelle s’est aussitôt répandue dans la ville comme une traînée de poudre. Plusieurs familles de militaires à Kati, à Bamako et ailleurs au Mali, ont appris la mort en martyrs de leurs fils ou filles par le fait de ce bandit qui fut longtemps chouchouté par les autorités. D’après les informations qui nous sont parvenues, dans toutes les garnisons du pays, c’est la joie. Même si, en bons musulmans, les gens se gênent à l’extérioriser. D’Alpha Oumar Konaré à l’actuel président de la République, ce terroriste a fait la pluie et le beau temps. Et tout ce temps, les familles des militaires n’ont cessé d’enterrer leurs morts. Le plus souvent, en catimini, pour éviter que le terroriste ne se fâche contre les autorités.

Conseiller national depuis plusieurs années, Ibrahima Ag Bahanga n’a jamais siégé au sein du Haut Conseil des Collectivités, mais n’a jamais été en manque d’argent également. Chaque fois que son trésor de guerre tarissait quelque peu, il actionnait le téléphone pour sommer Koulouba de l’approvisionner ...en liquidité. Et cela depuis son château de Kidal.

Voilà un homme qui a été toujours considéré comme l’ennemi public n°1, mais que le palais de Koulouba n’a jamais voulu éliminer. Maintenant qu’il a sauté sur une mine probablement posée par ses propres mains à la frontière Mali-Algérie, les Maliens peuvent pousser un grand ouf de soulagement. C’est dire qu’un crime ne reste jamais impuni. Il reviendra aux autorités de retenir cette leçon et de ne plus jamais laisser un autre Bahanga se moquer de la nation. Une fin triste devant servir de leçon à tous ceux qui osent prendre des armes contre leur propre peuple.

Mamadou FOFANA

P.-S.

Monsieur SIDIBE doit être un confident de Dieu... Oui, dans des républiques bananières comme le Mali, des gens comme SIDIBE ont de beaux jours devant eux... mais jusqu’à quand , Un jour viendra où les Touaregs viendront à bout de tous ces rigollots !

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