Tamazgha
Accueil du site > Lu dans la presse > Kadhafi viole le cessez-le-feu, selon les USAKadhafi viole le (...)

Kadhafi viole le cessez-le-feu, selon les USAKadhafi viole le cessez-le-feu, selon les USA

20 minutes (ch), le 18 mars 2011

vendredi 18 mars 2011, par Tilelli

Les forces libyennes du colonel Mouammar Kadhafi violent le cessez-le-feu prévu dans la résolution du Conseil de sécurité adoptée la veille, selon les Etats-Unis.

Les forces libyennes du colonel Mouammar Kadhafi violent le cessez-le-feu prévu dans la résolution du Conseil de sécurité adoptée la veille, a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice, sur CNN.

« Oui, il la viole », a affirmé Mme Rice, interrogée sur le fait de savoir si le leader libyen violait la résolution 1973 adoptée jeudi soir. « La résolution 1973 exige un cessez-le-feu immédiat et l’arrêt de toutes les opérations offensives. Elle interdit également les vols au-dessus de la Libye », a rappelé l’ambassadrice américaine.

En cas de violation de cette résolution votée par 10 des 15 membres du Conseil de sécurité, la communauté internationale est autorisée à user de « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les civils, ouvrant la porte à de possibles frappes aériennes.

Le régime libyen, sous la menace de frappes aériennes après une résolution de l’ONU, a annoncé vendredi un cessez-le-feu accueilli avec circonspection par l’opposition comme par la communauté internationale.

Le président américain Barack Obama a menacé le numéro un libyen Mouammar Kadhafi d’une opération militaire si les attaques contre les civils se poursuivaient, et un sommet Union Européenne-Union Africaine-Ligue arabe est prévu samedi à Paris, en présence de nombreux hauts responsables.

La Libye « a décidé d’observer immédiatement un cessez-le-feu et de mettre fin à toutes les opérations militaires », a déclaré le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa, en début d’après-midi à Tripoli.

Coup de « bluff »

A Benghazi, bastion de l’insurrection, le commandant des rebelles, Khalifa Heftir, a dénoncé un coup de « bluff » du numéro un libyen Mouammar Kadhafi..

Un porte-parole des rebelles a assuré que les forces gouvernementales ne respectaient pas le couvre-feu, dénonçant des « bombardements soutenus » sur Zenten et Misrata dans l’Ouest et sur Ajdabiya dans l’Est.

Dans la soirée, l’état-major des rebelles a appelé ses forces à se diriger vers la ville de Al Magrun, située à une cinquantaine de km au sud de Benghazi, « pour bloquer les forces de Kadhafi », selon un communiqué lu sur la radio des rebelles.

Des dizaines de véhicules, transportant des centaines de jeunes insurgés en armes, ont ensuite pris la route d’Al Magrun, a constaté un journaliste de l’AFP. Un camion transportant des lance-roquettes est aussi passé devant le check-point contrôlant l’entrée sud de Benghazi.

Démenti de Tripoli

Une forte explosion suivie immédiatement de tirs anti-aériens dans le même secteur avait été entendue auparavant vendredi soir depuis Benghazi, selon des journalistes de l’AFP.

Pour la deuxième fois de la journée, Tripoli a démenti avoir violé le cessez-le-feu.

L’armée libyenne n’a pas l’intention d’attaquer Benghazi et reste engagée par le cessez-le-feu décrété vendredi par les autorités, a affirmé le vice-ministre des Affaires étrangères Khaled Kaaïm dans une conférence de presse à Tripoli.

Dans un communiqué diffusé par la présidence française, Paris, Londres, Washington et des pays arabes ont demandé au dirigeant libyen la fin « immédiate » de « toutes les attaques » contre la population libyenne.

Circonspection

La communauté internationale a réagi avec circonspection.

« Un cessez-le-feu doit être mis en oeuvre immédiatement, c’est-à-dire que toutes les attaques contre les civils doivent prendre fin », précise le texte qui réclame aussi aux troupes libyennes de se retirer des villes d’Ajdabiyah, Misrata et Zawiya.

« Nous n’allons pas nous laisser impressionner par des mots. Il nous faut voir des actes sur le terrain », a déclaré la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton.

Dans le doute, « tout est prêt » pour une intervention, a annoncé en fin d’après-midi le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, précisant que la réunion de samedi serait décisive.

Soutien de la Ligue arabe

La Ligue arabe a réitéré vendredi son soutien à une zone d’exclusion aérienne.

Tout en écartant l’envoi de troupes terrestres en Libye, M. Obama a déclaré dans une allocution à la Maison Blanche qu’il déploierait des forces américaines pour l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne.

« Sans contrôle, Kadhafi pourrait commettre des exactions contre son peuple. Des milliers de personnes pourraient mourir. Une crise humanitaire s’ensuivrait », a insisté le président américain.

Jeudi soir, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté en faveur d’un recours à la force contre les troupes de Kadhafi, ouvrant la voie à des frappes aériennes après plus d’un mois d’une insurrection réprimée dans le sang.

Elle autorise « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les civils et imposer un cessez-le-feu.

La coalition s’organise

Une coalition menée par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, avec la participation du Qatar, a pris forme vendredi en vue d’intervenir.

Le Canada, la Norvège, le Danemark et la Belgique ont fait part de leur intention de se joindre à la coalition, en lui apportant avions ou navires pour participer aux raids ou soutenir une opération humanitaire.

L’Italie, ancienne puissance coloniale, a fermé son ambassade à Tripoli et annoncé qu’elle était prête à « mettre à disposition ses bases » militaires.

La Chine, qui, comme la Russie, l’Allemagne, le Brésil et l’Inde s’est abstenue pendant le vote jeudi à l’ONU, s’est dite « opposée à l’usage de la force militaire ». Berlin a mis en garde contre des « risques » et Moscou a exclu toute participation.

Le colonel Kadhafi avait menacé de « transformer en enfer la vie » de ceux qui attaqueraient la Libye, dans une interview quelques heures avant le vote.

L’ONU a dit surtout craindre des représailles sur les civils. « Personne ne sait ce qui se passe dans les villes (...) reprises par les forces du gouvernement », a fait valoir Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat aux droits de l’Homme.

Les auteurs de crimes contre des civils seront « traduits en justice », a prévenu le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Sur le terrain, où les forces gouvernementales avaient beaucoup avancé ces derniers jours à coups de bombardements, les combats se sont poursuivis au moins jusqu’en début d’après-midi, dans l’Est comme dans l’Ouest.

Quelque 300.000 personnes ont fui les violences en Libye, selon l’ONU, qui s’attend à ce que 1.500 à 2.500 personnes continuent d’en faire autant chaque jour. L’ONU a annoncé vendredi ne pas avoir trouvé d’accord avec la Libye sur les conditions d’envoi d’une mission humanitaire.

(afp)


Lire l’article sur le site de 20 Minutes (CH)

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0