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Mali : L’Algérie pour une solution politique négociée

La Nouvelle Expression, le 27 juin 2012

vendredi 29 juin 2012, par Tilelli

L’Algérie a estimé dimanche qu’une solution « politique négociée » pouvait mettre fin à la crise qui sévit au nord du Mali, tombé depuis le mois de mars entre les mains de groupes armés. Lors d’une conférence de presse conjointe tenue le 24 juin 2002 avec le ministre britannique aux Affaires étrangères chargé des Affaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord Alistair Burt, en visite en Algérie, le ministre algérien délégué aux Affaires maghrébines et africaines Abdelkader Messahel a déclaré que « Nous avons toujours privilégié la solution politique. Nous croyons aux vertus du dialogue et dans le dossier particulier de la situation au Mali, il y a toutes les indications qui font croire et penser que la solution politique négociée est possible et nous y travaillons », a souligné M. Messahel. Dans la recherche de toute solution à la crise qui secoue ce pays, le ministre algérien avait également indiqué que l’intégrité territoriale du Mali « n’était pas négociable ». Pour la Grande-Bretagne : « l’intervention militaire reste le dernier recours », a estimé de son côté le ministre britannique.

A la recherche des solutions

Au sujet de la venue en Algérie d’une délégation d’Ansar Dine qui occupe avec d’autres groupes islamistes le nord du Mali, pour des discussions avec le pouvoir, Abdelkader Messahel s’était voulu clair : « Nous avons des contacts avec toutes les parties et à la demande de toutes la parties ». Au moment où il s’exprimait, il avait précisé qu’un envoyé spécial de la Communauté économique des Etat d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) se trouvait à Alger pour discuter avec les autorités algériennes de la crise malienne. Il avait fait remarquer que le Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc) regroupant les états-majors militaires du Niger, Mali, d’Algérie et de Mauritanie devait aussi également se réunir « dans les prochains jours ». Après avoir été reçu par le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Alger, le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra avait déclaré le 13 juin dernier qu’il avait fait le déplacement « à la recherche de solutions pour le problème du Mali ». Il convent de noter que depuis le début de la crise malienne, Alger a adopté une politique de non-ingérence par rapport à Bamako. L’Algérie a cependant tout affirmé son attachement à l’intégrité territoriale du Mali et multiplié des contacts avec les pays concernés, dans la région et ailleurs, notamment la France et les Etats-Unis. L’Algérie avait dés le départ signifié à la communauté internationale qu’elle n’enverrait pas de soldats au Mali pour combattre les rebelles touaregs.

Accord entre Alger et Bamako

Elle a combattu dans le passé les terroristes et même réussi à les chasser vers d’autres pays dont le Mali. Entre le devoir d’assistance à un peuple en danger et l’option d’une implication active dans la résolution de la crise au Nord Mali, l’Algérie choisit la prudence. Alger mesure les risques d’un embrasement dans la région. Ainsi que la dangerosité des groupes armés et des méthodes susceptibles d’être utilisées pour les neutraliser au cas où une solution militaire s’avère incontournable. Solution souhaitée par certains chefs d’Etat de l’Afrique de l‘ouest dont Mahamadou Issoufou du Niger qui estimait récemment que l’Onu ne doit pas s’éterniser dans les débats et soutenir l’envoi des troupes sur le terrain. Otages algériens

Il faut tenir compte du fait que les terroristes retiennent en otage le Consul d’Algérie et des membres du personnel du consulat d’Algérie qui avait été attaqué dans l’une des trois localités du Nord du Mali tombées sous le contrôle de ces rebelles armés. L’Algérie n’a jamais cautionné la présence d’une puissance étrangère, notamment française dans la sous-région. Elle connaît le prix à payer pour endiguer le terrorisme et sécuriser ses frontières. Sous le règne du président malien déchu, Amadou Toumani Touré (ATT), l’Algérie se distinguait dans la lutte anti-terroriste. Sur les prises d’otages, l’Algérie avait même adopté une position ferme avec la Mauritanie. Elle n’était ni pour la négociation, ni favorable aux rançons. L’Algérie ne fait pas partie des pays du champ. Les chefs d’Etat-major des armées des pays du champ se rencontraient régulièrement à Alger pour élaborer des stratégies militaires dans le but aux d’éteindre les foyers terroristes. La position actuelle d’Alger concorde non seulement avec celle du médiateur désigné dans la crise malienne le président burkinabé Blaise Compaoré - qui continue de discuter avec tous les groupes rebelles et armés-, mais aussi avec celle des autorités de Bamako qui prônent officiellement le dialogue.

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