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Les rebelles touaregs profitent du putsch pour progresser au...

Reuters, le 23 mars 2012

vendredi 23 mars 2012, par Tilelli

par David Lewis et Adama Diarra

BAMAKO (Reuters) - Les rebelles touaregs ont profité de la confusion provoquée par le coup d’Etat à Bamako pour gagner du terrain dans le nord du Mali en s’emparant de positions abandonnées par les forces gouvernementales, a-t-on appris de sources informées.

Dans la capitale, où des tirs sporadiques ont encore été entendus jeudi soir, les putschistes, des officiers dont les grades ne dépassent pas celui de capitaine, comptent parachever leur coup d’Etat en capturant Amadou Toumani Touré, le président qu’ils disent avoir renversé.

On ignore où se trouve exactement ce dernier. Ses proches et des diplomates pensent qu’il est protégé par une poignée de militaires lui étant restés fidèles.

Les militaires mutinés menacent d’attaquer le régiment de parachutistes qu’ils soupçonnent de protéger Amadou Toumani Touré.

"Nous allons finir ça ce soir", a déclaré un soldat installé dans une station-service abandonnée à Bamako, dont les rues étaient quasiment désertes et seulement sillonnées par des mutins circulant à bord de camions, à vélo ou à pieds.

A des centaines de kilomètres de là, les rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) se sont approchées des grandes villes du désert recouvrant le nord du Mali, qui sert aussi de sanctuaire aux islamistes d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Un officier malien en poste à Kidal a déclaré que les rebelles avaient pris possession du camp militaire d’Anefis, situé 100 km plus loin en direction du sud-ouest et abandonné par les forces gouvernementales.

"L’armée s’est retirée à Gao", a dit une source à Tombouctou, autre grande ville du nord du Mali.

"Il n’y a plus de hiérarchie militaire. (Les rebelles) vont s’emparer des villes du nord", a ajouté cet homme ayant requis l’anonymat.

PAS DE CALENDRIER DE RETOUR À UN RÉGIME CIVIL

Les rebelles touaregs, dont les rangs ont gonflé avec le retour des combattants de la guerre civile en Libye en 2011, n’ont cessé de gagner du terrain depuis janvier. Le MNLA, qui revendique un Etat indépendant dans le nord du Mali, est parvenu à s’emparer de localités isolées mais il n’a encore jamais directement menacé les grandes villes que sont Kidal, Tombouctou et Gao.

Les rebelles ont toutefois prévenu jeudi qu’ils tenteraient de tirer parti du chaos provoqué par l’arrestation par les putschistes de responsables civils et militaires dans le nord du Mali.

La colère latente dans les rangs de l’armée a explosé mercredi soir lorsque des mutins ont attaqué le palais présidentiel. Quelques heures plus tard, ils ont annoncé qu’ils s’étaient emparés du pouvoir devant l’incapacité du gouvernement d’Amadou Toumani Touré à mater la rébellion touarègue.

Les institutions ont été dissoutes, la Constitution a été suspendue, les frontières sont fermées et un couvre-feu a été imposé de 18h00 à 06h00 GMT.

Les pays voisins du Mali, les Nations unies, la France ou encore les Etats-Unis ont dénoncé ce coup d’Etat et réclamé un retour à l’ordre constitutionnel. La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a annoncé qu’elle ne reconnaîtrait pas la junte, regroupée au sein d’un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDR).

Le président de ce comité, le capitaine Amadou Sanogo, s’est engagé à ne pas rester au pouvoir mais, interrogé sur la chaîne de télévision panafricaine Africable, il a refusé de fournir un calendrier de retour à un régime civil.

Il a déclaré que sa priorité était la restauration de l’ordre dans le nord du Mali.

Alors que circulent des rumeurs d’arrestations de ministres, Amadou Sanogo a laissé entendre que les personnes arrêtées seraient jugées.

Bertrand Boucey pour le service français

- Lire sur le site du Nouvel Observateur

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