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L’ANP aux frontières algéro-maliennes : près de 500 soldats maliens tués

La Matin-Dz, le 27 février 2012

lundi 27 février 2012, par Tilelli

La situation se dégrade sérieusement dans la région nord du Mali. Outre les dizaines de milliers de réfugiés c’est la crainte d’une guerre ethnique qui se dessine.

Une commission militaire et sécuritaire algérienne s’est déplacée hier d’Alger à Tamanrasset dans le cadre d’une mission de reconnaissance de la situation sécuritaire et humanitaire sur les frontières algéro-maliennes, a rapporte El Khabar.

Une source bien informée a révélé qu’une mission sécuritaire s’était déplacée sur une instruction du président de la République avec pour obejctif d’examiner de plus près la situation sécuritaire sur le terrain à quelques jours de la tenue du Haut conseil qui examinera la situation dans le nord Mali et son impact sur la sécurité nationale. Les pays riverains et les observateurs savent la gravité de la situation dans cette région frontalière avec l’Algérie. Outre le mouvement Azawad qui revendique désormais depuis le 17 janvier une large autonomie, les groupes d’Al Qaida au Maghreb ont fait depuis quelques années déjà de cette large bande désertique une zone de repli où souvent les otages y sont détenus. Dans un entretien à La Tribune Moussa Ag Taher, chargé des médias du Mouvement Azawad a réitéré les revendication du MNLA : "Notre objectif ne se résume pas à des victoires militaires mais à une libération de notre territoire de l’armée d’occupation et de l’administration corrompue et pourrie du Mali. Nos principales revendications sont d’abord, la libération de l’Azawad, l’auto-détermination et la reconnaissance d’un Etat, la République de l’Azawad".

De l’Algérie, le chargé des médias du Mouvement Azawed précise : "Nous attendons d’abord la stricte neutralité sur le terrain, l’hospitalité pour les réfugiés Touareg chassés par l’Etat voyou de Bamako, et le respect du droit international concernant les blessés de guerre. Nous pensons que l’Algérie est un pays qui connaît la question de l’Azawad, pour avoir participé à tous les accords passés et qui n’ont jamais été respectés, et aussi pour sa position géostratégique dans la région". Risque de guerre ethnique

Selon la même source, Bouteflika a décidé de convoquer le Haut conseil à la sécurité nationale à tenir une réunion sur les développements au nord du Mali après la publication de rapports évoquant la perte par l’armée malienne de plus de la moitié des terres qui constituent le territoire Azawad qui connaît depuis le 17 janvier une rébellion armée menée par deux principales factions, le Mouvement national pour la libération de l’Azawed dirigé par Mohamed Ag Najim et le mouvement Ansar Eddin dirigé par Ayad Ghaly.

Des rapports sécuritaires indiquent que l’Algérie craint que le conflit ne se transforme en guerre civile ethnique particulièrement avec la présence de minorité malienne d’origine africaine, des tribus Songhai et Falat. Aussi, l’état-major de l’Armée nationale et populaire a dépêché de nouvelles unités militaires à la frontière algéro-malienne pour renforcer les mesures sécuritaires dans la région, ces unités sont appuyées par des forces aériennes supplémentaires.

Sur le terrain des affrontements entre le Mouvement Azawad et l’armée malienne, nos sources indiquent que cette dernière a perdu pendant les cinq semaines seulement du début des événements, entre 400 et 500 soldats, constitués de tués, de détenus ou de déserteurs. Une estimation considérée comme importante pour les moyens de l’armée malienne dont les effectifs globaux ne dépassent pas les 16000 soldats.

A la lumière de ces informations, la dégradation de la situation sécuritaire va pousser les autorités maliennes à annoncer l’état d’urgence, et à mobiliser plus de forces pour récupérer les villes, les villages et les routes principales qui sont sous le contrôle des forces rebelles dont le nombre varient entre 2000 et 3000 éléments et dont la majorité est revenue de Libye avec armes et bagages après la chute du régime du dictateur Mouammar Kadhafi l’automne dernier.

Y. K.

- Lire sur le site du Matin-Dz

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