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Les islamistes libyens prêts à partager le pouvoir

AFP, le 14 septembre 2011

jeudi 15 septembre 2011, par Tilelli

TRIPOLI — Les islamistes libyens, force politique montante dans la période de l’après Mouammar Kadhafi, se présentent sous un visage modéré et se disent prêts à partager le pouvoir dans le cadre d’un Etat démocratique.

"Nous croyons en la nécessité de partenariats politiques et d’un Etat libre, civil et démocratique", a déclaré à l’AFP, Id al-Bannani, l’un des dirigeants de premier plan du courant des Frères musulmans.

La branche libyenne de cette confrérie est considérée comme le mouvement le plus structuré et le plus présent sur le terrain en dépit d’une répression féroce exercée contre lui par le régime du colonel Kadhafi.

Selon M. Bannani, "l’islam libyen ne tolère ni intégrisme ni extrémisme".

Le chef du Conseil national de transition (CNT), Moustafa Abdeljalil, n’a cessé de répéter qu’en dépit du fait que l’islam devait être la principale source de la législation, les Libyens n’accepteraient aucun extrémisme de droite ou de gauche.

Cet ancien ministre de la Justice de Mouammar Kadhafi qui a pris ses distances avec l’ancien régime est présenté comme un homme pieux et un soufi, adepte d’un islam aux antipodes de l’extrémisme.

L’un des représentants du courant libéral, Mahmoud Chammam qui fait office de ministre de l’Information des nouvelles autorités, a reconnu le poids des Frères musulmans, les qualifiant de "force la mieux structurée".

"Nous n’objectons pas à leur présence sur la scène politique s’ils n’excluent pas les autres", a-t-il souligné. "Mais je ne pense pas que le facteur déterminant dans la période qui s’annonce soit le facteur idéologique mais plutôt les facteurs régionaux, tribaux et personnels", a estimé M. Chammam.

Mohammed Amiche, proche des islamistes et l’un des dirigeants de la coalition hétéroclite du 17 février, a affirmé que "la mouvance islamiste ne peut prétendre gouverner seule la Libye". "Des coalitions plus larges, incluant les libéraux seront nécessaires et je pense que la société libyenne n’acceptera ni les extrémistes de droite ni ceux de gauche".

L’un des leaders islamistes libyens, cheikh Ali Sallabi, a affirmé quant à lui que la démarche de sa mouvance était "nationale et non religieuse".

"Nous sommes contre l’idée d’émirat islamique et pour un Etat civil où la législation serait inspirée de la charia qui fait l’unanimité chez les Libyens", a-t-il dit.

Mais ce religieux influent, soutenu par le Qatar et qui a financé et armé une bonne partie des combattants anti-Kadhafi, a vivement attaqué l’un des représentants du courant libéral, le numéro deux du CNT, Mahmoud Jibril, l’accusant de jeter les bases d’un Etat totalitaire.

Cette attaque ne semble pas motivée par l’idéologie de M. Jibril mais par sa gestion actuelle des affaires publiques en Libye.

Cheikh Sallabi a notamment reproché à M. Jibril d’avoir choisi Ali Tarhouni au poste de responsable du Pétrole, aux dépens de cadres ayant de l’expérience pour gérer "ce gagne pain des Libyens".

"Nous devons choisir un Premier ministre patriote, qui fasse le consensus des Libyens et qui ne soit pas nécessairement islamiste", a-t-il dit, accusant M. Jibril d’"utiliser l’argent et le pouvoir pour bâillonner les Libyens".

M. Jibril, un libéral, a annoncé dimanche des consultations pour former un nouveau gouvernement de transition dans "l’espace d’une semaine à dix jours". Il a évoqué un cabinet d’union nationale représentatif de toutes les régions.

Le nouveau gouvernement dirigera la Libye jusqu’à l’élection, dans huit mois, d’un assemblée constituante qui va rédiger une nouvelle constitution en attendant des élections présidentielle et législatives dans 20 mois.

Copyright © 2011 AFP.

Afaf BEBLAWI (AFP)

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